Dans les bois de Remouchamps, le long du ruisseau El Semme, nous avons découvert, un peu par hasard, un dépôt sauvage de déchets verts, manifestement abandonnés là par un ou des entrepreneurs des parcs et jardins. Il ne s’agit pas de quelques restes de tontes de pelouses mais bien d’une zone aménagée spécialement pour y laisser passer un gros véhicule avec de part et d’autre des déchets verts de toute nature (cf. photo).

Lors du Conseil communal de ce 19 avril, nous avons donc interrogé le Collège pour savoir si la Commune était au courant de l’existence de ce dépôt clandestin. Nous voulions aussi savoir ce qu’elle compte faire pour mettre fin à cette situation et pour demander aux personnes responsables de remettre la zone dans son état initial. Après un grand silence embarrassé, Christian Gilbert a expliqué qu’il est concerné par ce dossier. Il a reconnu qu’il va déposer ses déchets verts professionnels à cet endroit même si, d’après lui, il n’est pas le seul à le faire.

La réaction de Philippe Dodrimont est également très surprenante. Il a fini par reprendre la parole pour nous expliquer que ce n’est pas très grave, qu’il ne s’agit que de déchets verts et qu’il vaut mieux les garder à Aywaille plutôt de consommer du carburant pour les amener dans un centre de tri ! Comme seule solution, il propose de mener une réflexion sur la création d’une zone de compostage communale. A aucun moment, la Majorité n’a évoqué le fait qu’il faut faire cesser ces pratiques qui enfreignent manifestement la loi. A ce propos, il suffit de relire l’article 7 du Décret Déchets de 1996 qui précise qu’il est ‘interdit d’abandonner les déchets ou de les manipuler au mépris des dispositions légales et réglementaires’.

Le Bourgmestre empêché considère qu’il ne s’agit pas d’un délit important et qu’on devrait tourner la page, nous ne partageons pas du tout son point de vue. L’entrepreneur qui se livre à ce genre de pratiques pollue la forêt et bénéficie d’un avantage économique sur ses concurrents qui sont obligés de payer pour évacuer leurs déchets. Ce bénéfice illégal est, bien sûr, payé par l’environnement qui, une fois de plus, est malmené par l’activité humaine. Pour certains, les intérêts économiques passent encore très largement devant le respect de la nature.

Ce qui est également symptomatique, c’est la réaction des membres du Collège. Au-delà de l’étrange proposition de Philippe Dodrimont nous n’avons eu droit qu’à des silences gênés. Devant cette absence de réaction de la Majorité, il a été proposé de placer à l’endroit des caméras de sécurité, si chères à la Majorité, pour faire respecter la loi et éviter de futures infractions… Plus sérieusement, nous comptons introduire une plainte à la Police de l’Environnement pour mettre fin à ces dépôts sauvages.

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