Aywaille en transition ?

Publié le samedi 5 novembre 2016

Le temps des vacances est propice aux découvertes. Cet été, nous avons visité le sud de l’Angleterre et nous nous sommes arrêtés à Totnes. Ceux qui ont vu l’excellent film « Demain » se souviendront que c’est dans cette petite ville qu’est né, en 2005, le réseau des villes en transition. C’est aussi là qu’on a lancé la ‘Totnes pound’, la livre de Totnes, une monnaie qui coexiste à côté de la livre sterling et qui a comme objectif de protéger les citoyens contre les aléas de l’économie globalisée en favorisant la production locale et les circuits courts. Les membres de ce réseau ont la volonté de penser la démocratie autrement et d’inventer une société qui vivrait en harmonie avec la nature et le monde dans son ensemble.

La transition c’est une autre façon de vivre la démocratie en impliquant réellement les citoyens dans la gestion de leurs villes en les faisant participer aux grandes décisions qui engagent leur avenir et celui de leurs enfants. Les acteurs de la transition veulent repenser la façon de se déplacer, de produire et de consommer en favorisant les producteurs et les produits bio, locaux et de saison. A l’heure où Aywaille essaie désespérément de désengorger son centre-ville, elle pourrait bien s’inspirer des villes qui ont résolument favorisé d’autres modes de transport comme Copenhague où 50% des gens se déplacent désormais à vélo. On y trouve même des vélos électriques en libre service. De quoi convaincre définitivement les plus sceptiques, encore faudrait-il que les routes soient aménagées pour pouvoir y circuler à deux roues en sécurité !

Loin de moi, l’idée qu’on ne fait rien à Aywaille. Des citoyens ont lancé des initiatives de transition à Kin et Remouchamps. Il existe aussi de nombreuses initiatives qui vont dans cette direction. Je pense en particulier aux jardins partagés, aux personnes qui réhabilitent d’anciens sentiers abandonnés pour ne citer que ces deux exemples-là. Ils sont nés de la volonté de citoyens avec l’aide de la Commune mais il ne faudrait pas que celle-ci en prenne le contrôle ou s’en attribue les mérites. La Majorité devrait d’ailleurs rester à l’écoute de toutes ces initiatives et les encourager. Elle devrait les aider à mettre sur pied leurs projets en leur apportant un soutien matériel ou logistique. Mais il faudra ‘jouer le jeu’ jusqu’au bout et accepter, le cas échéant, d’être remis en question, bousculé par les idées neuves émises par les citoyens. La réussite de la transition est à ce prix.