Quand l’AFSCA déraille

Publié le lundi 7 octobre 2013

Le dernier week end de juin, la commune d’Ellezelles a eu à subir les foudres de l’Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire (AFSCA). A l’occasion du Sabbat, la fête locale, il y est de tradition de réaliser des tartes à matons dans un vieux four à pains. Cet événement très apprécié des habitants permet de retrouver et de perpétuer des savoirs ancestraux. Il s’agit aussi d’un moment de grande convivialité où tous les habitants du quartier se rassemblent pour préparer et déguster ces spécialités locales.

Il semble pourtant que l’AFSCA ait décidé que les traditions locales et les fêtes de quartier devraient désormais se plier aux règles d’hygiène que l’on a dû imposer pour contrôler l’industrie agroalimentaire. En effet, en ce funeste week end et sur base d’une dénonciation, un véritable commando de l’AFSCA (puisqu’il faut bien l’appeler comme cela) a fait irruption dans les locaux de la fête. Verdict sans appel : « arrêt immédiat de la production et destruction au détergent des 127 tartes déjà prêtes » Les règles d’hygiène imposées par l’AFSCA n’étaient pas respectées ! Pour les Autorités fédérales, il y avait un risque sanitaire pour les consommateurs.

Au-delà de la violence de cette intrusion, je trouve que la destruction volontaire de nourriture pour de prétendues raisons d’hygiène est totalement inacceptable. Les affamés du Tiers-Monde auraient vraiment beaucoup de mal à comprendre ces excès de zèle. Je n’ai pas de mot assez dur pour qualifier la violence de cette « police » de la sécurité alimentaire. Enfin, cette volonté de l’AFSCA de nous imposer sa vision d’une alimentation standardisée, normée, aseptisée est totalement insupportable. Même si elle fait le bonheur de l’industrie agroalimentaire.

Devant les délires hygiénistes de l’AFSCA qui ne jurent que par l’application aveugle de normes industrielles, il est urgent de se mobilier à l’échelle locale pour défendre nos savoir-faire locaux et promouvoir nos produits de terroir. Pour que demain, il existe toujours des producteurs de légumes, de fromages, de bières dans nos régions. Pour que demain, on puisse toujours déguster les tartes, les desserts faits maison lors des fêtes de village.