Les finances communales se dégradent

Publié le dimanche 5 juin 2016

De sombres perspectives budgétaires

Au conseil communal du 30 mai 2016, le compte 2016 a été présenté. Si le budget est l’expression de la volonté politique et s’il peut pécher par optimisme, les comptes communaux sont le reflet exact de la réalité communale. On peut maquiller un budget, c’est beaucoup plus difficile avec les comptes.

Or on doit bien constater que la situation financière de la commune reste très préoccupante. Encore plus interpellant est le fait que l’évolution de la situation échappe dans une large mesure aux Autorités communales. D’un côté les ressources des communes baissent et le récent tax-shift voulu par la Majorité de droite au niveau fédéral va encore aggraver la situation. En effet le tax-shift diminuera les revenus que la Commune tirera des additionnels à l’impôt des personnes physiques. D’un autre côté, les obligations financières communales ne cessent de progresser. On peut citer la réforme des polices, des services d’incendie, les exclusions de plus en plus massives du chômage qui augmentent naturellement le nombre de personnes bénéficiant du revenu d’intégration (l’ancien minimex).

Comme l’écrit l’échevin des finances, "la commune a pu compter sur un ensemble d’éléments favorables, voulus ou fortuits". Ces éléments voulus sont un réel effort pour diminuer la charge de la dette mais également un compression des dépenses de personnel avec le licenciement d’une bonne partie de l’équipe de nettoyage. Du reste, l’échevin des finances reconnaît que "l’effet positif le plus important vient toutefois d’éléments extérieurs indépendants comme les taux d’intérêts très bas, les additionnels au précompte immobilier en hausse ou la chute des prix des énergies".

Dès lors, le compte communal se solde par une perte de 561 000 euros qui se reporte sur le budget 2016 et nécessitera d’utiliser la quasi-totalité du fonds de réserve ordinaire. Il faut ajouter que celui-ci sera passé entre 2012 et 2016 de 472 000 euros à 69 000 euros. Il reste donc très peu de marges de manœuvre pour faire face aux imprévus futurs.

Le risque est alors grand que la Majorité communale ne se décide encore à comprimer les dépenses de personnel à l’avenir (à licencier des membres des services communaux) par exemple quand les taux d’intérêts ou les prix des énergies se remettront à monter.

A quand un abandon total du désherbage chimique ?

Lors de la séance des questions orales des conseillers communaux, nous nous sommes inquiétés du fait que les zones proches de la plaine de jeu du Parc Thiry aient été désherbées avec des produits chimiques, sans doute le fameux glyphosate suspecté d’être cancérigène, alors que la commune s’est engagée à renoncer à tout désherbage chimique.

Ce fait est d’autant plus regrettable que ce sont les enfants qui jouent à cet endroit qui seront les plus exposés à ces produits dangereux et que l’Amblève coule à seulement quelques mètres de là.

Il nous a été répondu que cela avait été pratiqué par l’Agisca (n’oublions pas qu’elle est largement subsidiée par la Commune) mais que la Commune lui demanderait de modifier ses techniques de désherbage à l’avenir (par voie mécanique ou thermique). Wait and see !