Adieu veaux, vaches, cochons, couvées !

Publié le vendredi 19 octobre 2012

Souvenez-vous. C’était en 1999, un entrepreneur peu scrupuleux avait mélangé des déchets industriels à de la nourriture animale. Le scandale des poulets à la dioxine était né. Il provoquait un véritable séisme en Belgique. Une des mesures prises par le Gouvernement pour éviter que ne se reproduisent de tels problèmes fut de créer, en 2000, l’AFSCA (Agence Fédérale pour la Sécurité de la Chaîne Alimentaire). Sa mission est de veiller à la sécurité de la chaîne alimentaire et à la qualité de nos aliments, afin de protéger la santé des hommes, des animaux et des plantes .

Que constate-t-on aujourd’hui, 10 ans plus tard ?

Sous prétexte de sécurité alimentaire, l’AFSCA impose à tous les producteurs, qu’ils soient industriels ou artisanaux, des réglementations sanitaires draconiennes dont les fameuses normes HACCP que, seules, les entreprises industrielles sont en mesure de respecter. HACCP est l’abréviation de « Hazard Analysis Critical Control Point », que l’on peut traduire par « Analyse des dangers, Maîtrise des points critiques ». Cette méthode a été conçue aux USA, à la fin des années 60, pour l’industrie chimique puis elle a été reprise et adaptée par l’industrie agroalimentaire. Au départ, il s’agissait de produire des denrées alimentaires pour les astronautes de la NASA en évitant tout risque de contamination bactérienne.

Bien sûr, notre propos n’est pas de réclamer le laisser-faire généralisé mais nous devons bien constater que l’AFSCA, qui a vu le jour suite à des problèmes liés à la production industrielle de nourriture, met en place ce qu’il faut pour que, demain, tout ce qui arrive dans notre assiette soit au main de quelques géants de l’agroalimentaire qui auront été les seuls capables de respecter les normes sanitaires du XXIème siècle.

Le risque est donc grand de voir disparaître, les uns après les autres, l’ensemble des producteurs locaux. Adieu les fromages et les charcuteries qui sentent bon le terroir, adieu les pains bien de chez nous, adieu les étals bigarrés du marché du samedi matin.

Pourtant, à notre niveau, nous pouvons encore agir. En achetant des produits locaux, nous refusons cette alimentation aseptisée qu’on veut nous imposer, nous soutenons un commerce à taille humaine qui respecte l’environnement, qui donne du travail aux artisans locaux, qui met en valeur le savoir-faire régional. Pourquoi, sous prétexte de sécurité alimentaire, les échoppes du marché devraient-elles se transformer en module de la station spatiale internationale ?