La qualité sacrifiée au profit de la productivité

L’évaluation du licenciement d’une grande partie du personnel communal d’entretien,  que nous avions demandée en mai, a été présentée lors du conseil de ce jeudi 30 novembre 2017. Il faut tout d’abord féliciter l’administration pour la qualité de ce travail très éclairant (le texte complet de l’évaluation présenté au Conseil est téléchargeable en suivant ce lien).

Il en ressort que les directions des écoles communales se déclarent plus ou moins satisfaites de l’état de propreté des locaux, même si celui-ci a globalement baissé. Toutefois, elles sont unanimes pour signaler que le personnel d’entretien manque systématiquement de temps pour réaliser les tâches qui lui sont assignées. Trop de choses à faire, pas assez de temps prévu.

On retrouve ici une dangereuse dérive du marché du travail actuel. A cause d’une concurrence exacerbée entre entreprises, les travailleurs sont soumis à un stress croissant, à des rythmes de travail qui s’intensifient sans cesse au détriment de la qualité des prestations et également, de plus en plus souvent, de la santé des travailleurs.

Dans les conclusions du rapport, on signale que {“Confier le nettoyage à des professionnels améliore l’efficacité. Le personnel est formé à des techniques particulières et contrôlé en interne par des inspecteurs spécialement formés. Le personnel communal ne subissait aucun contrôle interne, aucun agent de l’administration n’était attaché à cette fonction”}. Cette remarque nous a interpellé. Elle laisse entendre que c’est, au moins en partie, à cause d’un encadrement insuffisant du personnel que l’ensemble de l’équipe de nettoyage a été jugé inefficace et finalement licencié. Comme bien souvent, les chantres du libéralisme suppriment des emplois publics au motif qu’ils sont peu efficaces alors que le fond du problème est à rechercher dans les moyens qui sont donnés aux équipes et dans leur encadrement.

Nous avons appelé le Collège à tirer les enseignements de cet exercice d’évaluation en recommandant:

– d’améliorer globalement l’encadrement et la gestion des équipes du personnel communal;
– de soigner particulièrement les critères d’évaluation des prochains marchés publics de nettoyage. Cela devrait permettre que les critères de qualité du travail soient pris correctement en compte, à côté du prix demandé.

Cette évaluation et les conclusions qu’on peut en tirer, nous confortent dans le bien-fondé de notre demande. Il faut évaluer les politiques mises en place; pas pour le plaisir de critiquer le travail de la Majorité mais pour en tirer des enseignements qui serviront l’intérêt de tous.

Enfin une vision globale du futur de l’arrondissement de Liège

Le schéma de de développement de l’arrondissement de Liège a également été approuvé à l’unanimité. Il s’agit d’un document d’orientation qui fixe les grandes lignes de l’avenir de Liège et de sa grande périphérie. Entre autre choses, nous nous réjouissons qu’on y prévoit, enfin, un {“développement raisonné de l’activité commerciale”}. Il était temps! Après des années d’anarchie, les commerces des centres-villes deviennent de plus en plus rares; chaque commune essayant d’attirer, près de chez elle, de vastes zones commerciales qui fragilisent les commerces de proximité.

Dans ce mouvement de déstructuration, Aywaille a été un ‘élève modèle’. Les Majorités successives se sont employées à vider le centre en créant, de toutes pièces, une zone commerciale sur la Porallée. Nous l’avons dénoncé à plusieurs reprises, sans beaucoup d’effets malheureusement (voir par exemple notre compte-rendu du Conseil communal du 17 octobre 2013).

De ce point de vue, il est presque surréaliste d’entendre notre Bourgmestre empêché, Philippe Dodrimont, déclarer récemment lors d’une interview à la Meuse que “{si l’on veut sauver les commerces dans les centres, il faut arrêter d’accorder des permis pour des centres commerciaux dans toutes les communes de l’arrondissement”}. On croit rêver c’est pourtant bien sa Majorité qui a déplacé massivement le centre de gravité commercial d’Aywaille vers le pied de l’autoroute. Une zone dont la facilité d’accès en voiture n’est d’ailleurs plus qu’un lointain souvenir, les bouchons de la Porallée étant devenus légendaires.

Le schéma de développement donne une vision stratégique. Il faut maintenant espérer que cela se traduise par des actions concrètes sur le terrain.

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